Ne serait-ce pas « Le Colonel Moutarde avec le chandelier dans la bibliothèque 🧐😉 » ??
Bien évidemment, la réponse n’est pas aussi simple qu’il n’y parait ! Entre Camille, comptable, dont la version d’Excel est plus ancienne que la société ; Jean – commercial en déplacement qui n’arrive jamais à télécharger le masque de saisie budgétaire sur le réseau ; Louise, la responsable du contrôle de gestion qui s’échine à vérifier les différentes remontées, il faut bien avouer que le Budget compte de nombreux détracteurs prêts à en découdre !
Mais pourquoi des discussions autour de la remise en cause du Budget apparaissent-elles ?
Découvrons ensemble les avantages, points de tension et les alternatives à l’élaboration du Budget au sein des entreprises privées et organisations publiques.
Les éloges à l’égard du Budget

Si le processus budgétaire est critiqué, il n’est pas forcément remis en cause, car de nombreux bénéfices en sont palpables !
Prévoir et anticiper
Est-il encore nécessaire de le rappeler ? C’est l’essence même du Budget – prévoir, anticiper et construire l’activité de demain afin de pérenniser la structure.
Effet fédérateur
Toute l’entreprise est concernée et doit se sentir impliquée dans la construction budgétaire ! Du dirigeant au collaborateur, de Jean à Louise en passant par Camille, c’est un exercice fédérateur qui rappelle à tous le chemin à écrire pour poursuivre l’aventure ensemble.
Outil de communication
La campagne budgétaire est également un formidable outil de communication transverse 📣.
Elle permet notamment :
- à la Direction d’expliciter et partager les objectifs à atteindre pour l’organisation ;
- de renforcer le dialogue entre opérationnels et top-management ;
- de susciter l’adhésion de tous au cap défini en réalisant ensemble cet exercice.
Les griefs envers le Budget

Attention ! Les réfractaires au processus budgétaire sont de plus en plus nombreux, ont le bras long et des arguments solides !
Évolution de l’environnement
Chaque Budget est réalisé à un instant « T », dans un contexte donné et certaines conditions de marché. Il est ainsi figé, strict et rigide face à un avenir qui se veut lui incertain et mouvant.
En cas d’aléas ou d’imprévus, qu’ils soient positifs ou négatifs, il devient alors complexe de s’en écarter, inhibant l’adaptation et l’innovation au sein de l’organisation.
Un rituel inadapté
C’est probablement le retour le plus consensuel dans les petites structures : le processus de construction budgétaire est souvent trop complexe, énergivore et surtout très financier !!
Conséquences directes : découragement et épuisement des différents contributeurs.
La différence de granularité entre scénarii
Bien fréquemment, réalisé et Budget ne sont pas construits au même niveau de détail ! En effet, le Budget peut être élaboré de façon plus synthétique et global. C’est au moment de les confronter qu’apparait alors le problème : l’origine des écarts constatés devient difficile à expliquer.
L’effet pervers
Enfin, dernière estocade et coup de grâce pour le Budget : en termes de dépenses, certains gestionnaires ont souvent, et à tort, la conviction de devoir consommer coûte que coûte l’intégralité du montant accordé afin qu’il soit reconduit a minima l’année suivante.
Quelles sont les alternatives au Budget ?

Supprimer le Budget ? Ok ! Mais ne soyons pas aveuglés par les futures coupures électriques (et le chandelier n’est plus disponible, demandez au Colonel Moutarde !), les dirigeants d’entreprise ont besoin de perspectives pour avancer.
« Beyong budgeting »
Modèle plus ouvert, souple, agile, axé sur la confiance, les superlatifs ne manquent pas à l’appel lorsqu’il s’agit d’évoquer cette méthode. Le leitmotiv est de responsabiliser les contributeurs, pouvoir s’adapter aux changements et répondre aux opportunités tout au long de l’année.
« BBZ : Budget Base Zéro »
Souffrons-nous de Leucosélophobie ou encore syndrome de la page blanche 😉 ?
Par souci d’efficacité et de simplicité, le Budget est souvent initialisé sur la base de son prédécesseur ou des données historiques : le constat est que les prévisions sont remises en cause à la marge et peu ou pas challengées. En d’autres termes, l’historique est reconduit sans sortir des sentiers battus, avec une place limitée pour la remise en question et la créativité.
L’approche « BBZ » consiste à démarrer d’une page vierge afin de s’interroger sur chaque poste budgétaire : en quoi le montant inscrit apporte-t-il de la valeur à mon client ?
Approche « Bottum-up » ou par Projet
Place au fonctionnement ascendant ! Désormais, c’est l’opérationnel qui pilote le Budget en déterminant ses objectifs qui seront ensuite valorisés par la Direction Financière. Les rôles sont ainsi inversés !
Un fonctionnement par projet est également observé dans certaines entités innovantes : chaque porteur d’idée défend ainsi son programme et en démontre la rentabilité financière. En fonction de l’intégration dans la stratégie de l’entreprise et le niveau de rentabilité, le projet est validé et devient une composante du Budget.
Pour résister, le Budget fait peau neuve !
Au fil du temps, le Budget n’a eu de cesse d’évoluer de pair avec l’organisation des sociétés. Dès à présent, en tant que leader des campagnes budgétaires, le contrôle de gestion doit se positionner comme un véritable Business Partner auprès de chacune des parties prenantes et les accompagner dans cet exercice primordial. En conséquence, il devient le garant de la traduction des besoins opérationnels en données financières.
Le colonel Moutarde est donc innocent ! (Jusqu’à quand ?) 😊
Notons que d’autres alternatives budgétaires existent, mais in fine, ce n’est qu’une question de vocabulaire :
- qu’elles soient appelées Budget, Forecast, Estimé ;
- qu’elles soient pluriannuelles, annuelles, mensuelles ;
- qu’elles soient collaboratives ou faites « en chambre ».
Chaque organisation fait des prévisions et il en existe autant que de finalités.
Nous vous encourageons à lire notre précédent article : vous avez dit « Budget » ? Pour plus de détails sur ce sujet !