Depuis le printemps 2020, les crises s’enchaînent et se superposent : crises sanitaire, économique, géopolitique, énergétique… Face à ce contexte chargé d’incertitudes, les entreprises apprennent à réagir et à s’adapter plus vite et plus efficacement.
Les directions financières ont alors un rôle particulier à jouer. Pour cela, elles ont plus que jamais besoin de solutions de prévisions budgétaires qui puissent faciliter les prises de décisions stratégiques.
Constats sur les crises actuelles
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le début des années 2020 ne ressemble pas à un long fleuve tranquille.
Les premiers effets de la crise sanitaire
La décennie a commencé avec la crise sanitaire de la Covid-19. Cet événement imprévu a très vite eu des conséquences d’une dimension tout à fait inattendue, presque partout dans le monde.
En France, lors du premier confinement, près de 3 sociétés sur 4 ont vu leurs ventes baisser de plus de 10 %, selon l’INSEE. Plus d’une sur 3 ont même constaté une chute de moitié ou plus encore. Un tiers des sociétés ont cessé toute activité, pour une durée moyenne de 57 jours.
Les entreprises ont dû réagir très rapidement pour s’adapter à cette situation globale inédite :
- réorganisation logistique ;
- mise en place du télétravail ;
- modification de l’offre, nouveaux produits et services ;
- nouveaux partenariat.
La crise économique
Les effets de la crise sanitaire sur l’économie se sont propagés bien au-delà des conséquences immédiates du confinement.
Lorsque la situation sanitaire a permis la reprise des activités, de nombreuses tensions sont apparues. Les perturbations sur les chaînes de production et d’approvisionnement ont causé une insuffisance de matières premières et autres produits. Dans le même temps, la demande augmentait, parfois très rapidement, selon les domaines d’activités.
Ces circonstances suffisaient à expliquer une augmentation importante des prix. Mais l’inflation a aussi été attisée par la répercussion des coûts des mesures sanitaires et, surtout, par la pénurie de main d’œuvre.
Ce dernier phénomène est apparu très vite, notamment dans l’hôtellerie-restauration. Son extension et sa prolongation ont conduit à la hausse des salaires. Finalement, l’inflation a conduit à son tour au relèvement des taux d’intérêts. Et le risque d’une prochaine crise financière augmente.
La crise géopolitique et énergétique
L’autre événement imprévu, en 2022, c’est la guerre en Ukraine.
Les conséquences sont là-aussi multiples, principalement liées aux sanctions contre la Russie et au regain de tensions géopolitiques. Certaines importations et exportations sont entravées. Le coût de l’énergie et des céréales, par exemple, augmente fortement.
Le recours aux solutions de prévisions budgétaires
Tant les effets directs de ces crises que les mesures d’adaptation prises par les entreprises ont bien sûr impacté les budgets.
Mises à contribution, les directions financières ont elles-mêmes subi certaines conséquences de la crise : télétravail, hausse des salaires, etc. Dans ce contexte, elles ont pourtant dû travailler à revoir complètement les budgets, dans l’urgence. Elles ont alors remis en cause leurs pratiques pour devenir à la fois plus réactives et plus flexibles.
En effet, cette accumulation de crises élève le niveau d’exigences pour l’élaboration budgétaire et le pilotage de la performance. D’ailleurs, les dernières études annuelles menées par PwC et la DFCG sur les priorités des directions financières le confirment : le pilotage de la performance s’impose durablement comme la priorité nº1, à court terme et à moyen terme, tant pour les grands groupes que pour les ETI et PME.
Il s’agit surtout d’anticiper, de se préparer à d’autres rebondissements, voire à de nouvelles crises. Et force est de constater qu’à ce jeu-là, les DAF qui s’en sortent le mieux sont celles qui sont les mieux outillées.
Nouvelles pratiques d’élaboration budgétaire
Les solutions informatiques apportent évidemment une aide importante pour relever ces défis. Il y a d’abord un gain technologique direct par l’automatisation, la rapidité et les capacités de calcul. Mais l’intérêt de ces logiciels ne se limite pas à cela.
Très souvent, le déploiement d’outils de prévisions budgétaires performants accompagne une évolution des pratiques. Or, dans de telles situations de crise, les directions financières ont bien été contraintes à ces changements.
En particulier, elles n’avaient pas le temps de refaire un budget complet comme à l’habitude. Dans ces conditions d’urgence, de faible visibilité voire d’instabilité, il faut pouvoir élaborer un budget en moins d’un mois. Il faut aussi se préparer à devoir le réviser plusieurs fois, en cours d’exercice, dans des délais beaucoup plus réduits encore.
Méthodes agiles et scénarisation
Concrètement, pour atteindre ces objectifs, les tendances méthodologiques majeures en matière d’élaboration budgétaire sont :
- l’agilité, et notamment les prévisions glissantes (rolling forecast) ;
- l’approche multi-scénarios ;
- la transversalité et les process collaboratifs.
Là encore, les meilleures solutions de prévisions budgétaires facilitent la mise en œuvre de ces méthodes.
Pour le rolling forecast, par exemple, les outils aident à s’appuyer sur les données existantes pour prédire des éléments de performance et réviser le budget en cours d’année.
Pour la scénarisation, les logiciels dotés d’intelligence artificielle et effectuant des prévisions algorithmiques présentent un intérêt évident.
Enfin, les solutions orientées travail collaboratif constituent également un avantage pour appliquer ces nouvelles approches.
Indiscutablement, les crises n’ont fait qu’accentuer l’importance de la digitalisation dans la fonction finance. Selon la dernière étude PwC – DFCG publiée en décembre 2021, plus de 4 directions financières sur 5 ont l’intention d’investir en ce sens. Les prévisions budgétaires et le pilotage de la performance en bénéficient particulièrement.